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Tommaso Padoa-Schioppa

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Tommaso Padoa-Schioppa est né en 1940 à Belluno et décédé le 18 décembre 2010 à Rome. Il ...
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Union européenne et Citoyens

Tommaso Padoa-Schioppa dans Les échos: L'Italie laboratoire de l'Europe

le 05 Février 2007 à 14:58
Entretien par Tommaso Padoa-Schioppa

Article, Les Echos, 5 février 2007

Tommaso Padoa-Schioppa, ministre italien de l'Economie et ancien membre du directoire de la Banque Centrale Européenne, analyse les succès de la coalition, cette " vinaigrette " politique italienne, et les chances de rebond de la construction européenne.

Lire l'article sur le site des Echos


Extraits de l'article


Ne pensez-vous pas qu'un gouvernement économique de l'Europe pourrait être utile ?


C'est un thème avec lequel j'ai vécu...depuis Pierre Bérégovoy en 1987-1988. Personnellement, je souhaiterais un Eurogroupe plus efficace. Mais pour l'être il lui faudrait achever le marché unique, libéraliser les services, mettre en oeuvre une politique d'énergie commune, une intégration financière. C'est cela le plus urgent. Or l'ouverture à la concurrence est souvent bloquée par un accord plus ou moins tacite entre pays membres. C'est vrai dans les services publics, la coopération dans les hautes technologies...En outre, il faudrait mener à bien une politique qui, dans les traités, est à la fois nationale et communautaire dans les transports, l'énergie, la recherche, les infrastructures.

Mais comme la taille du budget communautaire est ridicule, tout le monde se bat sur des miettes. On pourrait passer graduellement de I,I% du Pib à 3% : le budget fédéral des Etats-Unis était inférieur à 5% au début du XXeme. Il est aujourd'hui de quelque 40%.

En revanche, fonder la coordinations des politiques budgétaires sur une plus forte contrainte envers les budgets nationaux, c'est à dire ajouter à la discipline du Pacte une politique budgétaire commune et active me semble irréaliste.


Est-ce qu'un impôt européen serait un pas en avant?


Ce serait une bonne chose... J'ai entendu dire que la monnaie unique était irréalisable en 1988 et trois ans plus tard, on a signé le traité de Maastricht. Pourquoi ne pas imaginer que durant la fin du mandat de la Commission, on réalise des choses qu'on pensait impossible ? L'Europe nous a souvent surpris...


Encore faudrait-il réformer les institutions européennes. Que pensez-vous des propositions d'Angela Merkel, qui de parvenir à une nouvelle Constitution ou un nouveau traité avant l'élection du Parlement européen en 2009 ?


Ces élections sont un moment important de la démocratie directe, qui oblige les partis à parler d'Europe. La réforme elle-même peut se faire sous forme d'un Traité ou sous une autre forme. L'important, ce n'est pas tant le véhicule que son contenu. Ainsi, le roi du Piémont a octroyé à l'Italie une constitution en 1848. Elle a duré jusqu'en 1948. Pendant ce siècle, le royaume du Piémont est devenu le Royaume d'Italie, le droit de vote limité à quelque 2% de la population s'est transformé en suffrage universel, les femmes se sont vues accorder le droit de vote... alors pourquoi un Traité serait-il un moins bon véhicule qu'un cadeau du roi ? Le vrai problème, c'est ce dont l'Union a besoin. Et elle a besoin de deux choses : l'abandon des décisions à l'unanimité et des ressources qui soient cohérentes avec des compétences reconnues et les décisions à prendre. Aujourd'hui nous n'avons ni l'un, ni l'autre. Car les gouvernements des pays membres alimentent l'illusion qu'ils peuvent peser sur le cours des choses même lorsqu'elles dépassent la capacité d'action d'un seul pays. Ce qui entraîne la déception et le ressentiment des électeurs.

Il est temps de revenir au coeur du problème. Certains pays peuvent prendre des initiatives communes permettant d'entraîner les autres comme on l'a fait avec Schengen. Regardez, par exemple, l'engagement de quelques pays au Liban dont la France, l'Italie, l'Allemagne. On n'a pas eu besoin de l'aval de tous les pays membres de l'Union et pourtant l'Union est présente...Quand l'Union européenne fait quelque chose de fort, les gens le sentent, le comprennent. Ce fut le cas de l'euro qui a été le dernier grand projet de l'Union. Aujourd'hui, comme depuis le début de la construction européenne, la clé se trouve en France.


Il y a pourtant un réel désamour des Français pour l'euro...


Personne ne pense vraiment qu'on vivrait mieux sans l'euro... Tout dépend de la façon dont vous posez une question. Si vous demandez, aimez-vous l'impôt ? Tout le monde répondra non. Si vous demandez voulez-vous d'un monde sans impôts mais sans service public, sans système de santé etc....chacun répondra qu'il préfère encore l'impôt.


L'Europe a-t-elle une chance d'exister encore dans 50 ans ?


Oui, elle a des chances d'exister dans 50 ans. Encore faut-il qu'elle ne les rate pas...N'oubliez pas que le long terme commence aujourd'hui !

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