Policy Paper 194
 
Défendre l’Europe pour défendre la vraie souveraineté
L’UE est confrontée à des défis majeurs qui exposent ses faiblesses, notamment dans les domaines régaliens. Dans ce Policy Paper, Thierry Chopin expose les réformes nécessaires à l'UE, tout en mettant en garde contre le repli national.
|   28/04/2017             |   Thierry Chopin             |   Démocratie et citoyenneté
Policy Paper
La campagne présidentielle en France montre à quel point les thèmes au cœur du débat présentent tous une dimension au moins autant européenne que nationale : incertitude économique, terrorisme, crise migratoire, défi climatique, montée des discours populistes et extrémistes, place de la France et de l’Europe dans le nouveau « désordre » mondial.
Dans ce Policy Paper, Thierry Chopin, directeur des études de la Fondation Robert Schuman, analyse la nécessité d’un nouveau projet politique clair, sans retourner à « l’Europe d’avant », ni se résoudre au repli national.

1. Le pari inefficace et risqué du retour à « l’Europe d’avant »
L’Union européenne est confrontée à des défis majeurs (crise financière et économique, terrorisme, crise migratoire, Brexit, montée des populismes et des extrémismes) qui exposent ses faiblesses, notamment dans plusieurs domaines régaliens. De profondes réformes sont nécessaires, et le repli national apportera plus de nouveaux problèmes que de réelles solutions. 

2. Une « Europe régalienne » : un nouveau projet politique pour l’Union
Après la paix et le marché, la situation européenne actuelle suppose de porter un message politique clair sur ce qui peut fonder l’Union et sa légitimité face aux défis actuels, en identifiant les objectifs collectifs qui unissent les Européens, les intérêts et les biens communs qui requièrent une action commune (monnaie, contrôle des frontières extérieures de l’UE, politique étrangère et de sécurité, etc.). Dans cette perspective, l’UE et les États membres doivent exercer en commun des compétences de souveraineté et coordonner leurs actions à l’échelle européenne et internationale. 

3. L’importance de la méthode : vers une Europe « différenciée »
Compte tenu du partage de l’exercice en commun de prérogatives régaliennes que ce projet implique, il est peu probable qu’il puisse rassembler — au moins dans un premier temps — l’ensemble des États membres de l’UE. L’ensemble des politiques à venir de l’Union ne peut pas concerner de la même manière tous les États membres, ce qui doit conduire à négocier des coopérations entre États pour progresser dans ces domaines. C’est le fameux projet d’Europe « différenciée ». La différenciation fait néanmoins l’objet de critiques et peut présenter en effet un certain nombre de risques si elle est mal utilisée. Il est donc indispensable de s’assurer que l’intégration différenciée est un processus ouvert et que, si elle fait l’objet d’une conditionnalité (comme dans le cas de la participation à la zone euro), celle-ci est légitime et transparente. 

Ce Policy paper est également disponible en anglais.