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Elections européennes 2009 : les jeux ne sont pas faits
Les résultats des élections européennes, au moins pour un moment encore, suscitent surtout des interrogations. Même ce qui paraît sûr ne l'est peut-être pas autant qu'on le dit - à commencer par la "fatalité abstentionniste" dont les scrutins européens seraient irrémédiablement frappés.
|   10/06/2009             |   Alain Dauvergne             |   Démocratie et citoyenneté
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Les résultats des élections européennes, au moins pour un moment encore, suscitent surtout des interrogations. Même ce qui paraît sûr ne l’est peut-être pas autant qu’on le dit – à commencer par la « fatalité abstentionniste » dont les scrutins européens seraient irrémédiablement frappés.

Il est malheureusement vrai que, depuis la première élection du Parlement au suffrage universel, en 1979, la participation des électeurs n’a cessé de baisser. Le 7 juin dernier, l’abstention a frisé le taux de 57% – 2,5% de plus qu’en 2004″¦ Mais il s’agit d’une moyenne européenne, qui recouvre évidemment bien des disparités : dans six Etats membres, le taux d’abstention est resté à peu près le même d’une élection à l’autre et, dans huit autres on a plus voté en 2009 qu’en 2004. Pas de quoi crier au miracle, sans doute, mais de quoi nuancer le catastrophisme ambiant.

Au chapitre des certitudes, outre le taux élevé des abstentions, figure la prédominance qu’exercera dans l’hémicycle la droite gouvernementale, autrement dit le groupe parlementaire du PPE. Le 7 juin les conservateurs – qu’ils soient chez eux au pouvoir ou dans l’opposition – sont arrivés en tête dans les deux tiers des Etats membres. Au lendemain de l’élection, on leur attribuait un capital de 263 élus. Ce qui leur promet une domination large puisque 263 élus, cela représente plus du tiers (35,7%) du parlement – et aussi parce que le groupe des socialistes (PSE), le deuxième par ordre d’importance décroissante, n’obtient que 161 députés (on peut cependant noter au passage que le poids relatif du groupe PPE va baisser : déjà première force politique du parlement sortant, avec 288 sièges sur un total de 785 députés il « pesait » alors 36,7% du total)…