décryptage
 
La ‘valeur ajoutée’ dans les débats budgétaires:un concept,quatre sens
Le terme de ‘valeur ajoutée’ sera sans doute au cœur des prochaines négociations budgétaires. Toutefois, cette notion manque singulièrement de clarté sur le plan conceptuel. S’appuyant sur l’analyse des documents officiels et des contributions académiques au débat, ce Bref nous montre l’existence d’au moins quatre façons d’utiliser ce terme, chacune ayant des implications pratiques différentes.
|   30/06/2011             |   Eulalia Rubio             |   Economie et finance
décryptage

Le terme de ‘valeur ajoutée’ est au cœur des débats sur la réforme du budget de l’Union européenne. Toutefois, cette notion manque de clarté sur le plan conceptuel.

Une analyse des contributions au débat nous montre qu’il existe au moins quatre manières d’utiliser le terme ‘valeur ajoutée’. La première se réfère aux bénéfices supplémentaires qu’apporte une intervention à l’échelon européen. La deuxième porte sur les bénéfices qui découlent d’une gestion et d’une mise en œuvre de qualité. La troisième a trait aux coûts d’opportunité liés aux dépenses effectuées dans un domaine par rapport à d’autres domaines d’intervention. Enfin, la dernière englobe les répercussions secondaires positives des interventions à l’échelle européenne (comme leur contribution à d’autres objectifs de l’Union ou leur impact positif sur les niveaux de gouvernance infranationaux).

Ces différentes visions ne sont pas forcément incompatibles. Si les notions objectives et de nature plus économique de la ‘valeur ajoutée’ semblent plus pertinents pour une comparaison rigoureuse des propositions de dépenses communautaires, l’existence même d’approches plus subjectives et de nature politique de la notion de valeur ajoutée atteste de la nature politique ultime des décisions budgétaires. En d’autres termes, si les propositions de dépenses de l’UE doivent faire l’objet d’une évaluation économique ‘ex ante’, celle-ci ne doit pas servir à ‘dépolitiser’ les décisions budgétaires mais bien à éclairer et informer davantage les décisions politiques relatives aux dépenses de l’Union.