Rapports
 
Moteur malgré tout , les relations franco-allemandes et l’Union élargie
A travers l'analyse de deux thèmes (sécurité et défense, gouvernance économique et monétaire), l'auteur prévoit un maintien de l'influence de la France et de l'Allemagne, s'ils intègrent d'autres Etats dans leurs initiatives.
|   09/11/2004             |   Martin Koopmann             |   Droit et institutions
Rapports

Quels seront les « moteurs » de l’Union européenne dans les années à venir ?

Le pluriel est de rigueur, car dans une structure comme l’Union européenne, le leadership d’un seul acteur est inconcevable. La question est ardue : à la situation simple des trois premières décennies de la construction européenne – un duo franco-allemand difficilement contournable, un arbitre institutionnel reconnu avec la Commission – a succédé aujourd’hui un panorama bien plus complexe. Les candidats au titre sont nombreux. Le rôle de la Commission est souvent remis en cause de façon plus ou moins voilée et l’hétérogénéité des préférences nationales rend plus incertains les équilibres au sein du Conseil européen. Il ne manque pas d’exemples récents – qu’il s’agisse de la crise irakienne ou de la désignation du président de la Commission – pour montrer que la France et l’Allemagne ne peuvent attendre une adhésion automatique de leurs partenaires à leurs initiatives.

Et pourtant on peinerait à trouver une convergence d’idées ou d’intérêts qui présente un degré de stabilité et une force symbolique semblables à celle du couple franco-allemand. Reste cependant à comprendre à quelles conditions celui-ci peut renouer avec son efficacité d’antan.

Tel est précisément l’objet de l’étude de Martin Koopmann, qui revient sur deux dossiers particulièrement significatifs, la coopération en matière de sécurité et de défense et les propositions relatives à la gouvernance économique et monétaire, domaines dans lesquels la France et l’Allemagne ont joué un rôle considérable par le passé, et dont l’importance pour l’avenir est évidente.

Des succès et des échecs des deux dernières années, l’auteur tire plusieurs enseignements qui devraient être médités. Le premier a trait a la nécessité d’intégrer les données de base de l’Europe contemporaine : l’influence de la France et de l’Allemagne sera d’autant plus grande que ces deux pays auront recherché de façon systématique à associer d’autres partenaires à leurs initiatives. Le second concerne l’organisation de la coopération franco-allemande, qui ne doit pas simplement être l’affaire des structures spécialisées mises en place au sein de ces deux pays, mais au contraire peser sur les grands choix de politique européenne des deux gouvernements. Si ces conditions sont remplies, on peut penser que le « moteur » franco-allemand a encore de beaux jours devant lui, à condition qu’il parvienne à définir des projets qui prennent en compte, comme par le passé, les intérêts de l’ensemble de l’Union.