Rapports
 
Pour un nouveau contrat social européen
Au moment de débattre au plus haut niveau du modèle social européen et de son avenir, cette étude réaffirme la nécessité de redéfinir les contours du contrat qui lie les Etats-membres entre eux et suggère les moyens pour le b tir.
|   13/09/2005             |   Marjorie Jouen   |   Catherine Palpant             |   Travail et affaires sociales
Rapports

AVANT-PROPOS DE NOTRE EUROPE.

Nul n’en doute : Tony Blair est doté d’un sens politique très aigu. Que le premier ministre britannique ait jugé nécessaire de convoquer, fin octobre, un « sommet » spécialement dévolu au modèle social européen doit donc être considéré comme un signal important. Cette initiative s’inscrit, notamment, en réaction au « non » opposé par les Français et les Néerlandais au projet de Traité constitutionnel. Pour ce qui est du rejet français, beaucoup d’analystes l’ont interprété comme l’expression d’une crainte partagée par bien d’autres citoyens de l’Union : celle de voir s’opérer – sous les coups de boutoir de la mondialisation – un recul programmé des droits sociaux en Europe. Mais de quoi parle-t-on au juste ? Au moment de débattre au plus haut niveau du modèle social européen et de son avenir, il est urgent de situer précisément ce débat dans son contexte historique et politique. C’est ce que fait cette étude rédigée par Marjorie Jouen et Catherine Palpant, de manière très éclairante : oui, il y a une réalité sociale de la construction européenne ; oui, elle piétine depuis quelques années sous les effets cumulés de la rhétorique néo-libérale et des élargissements ; oui, elle peine à répondre aux nouveaux besoins des citoyens européens. Mais le dernier mot n’est pas dit car si la solidarité – donc la cohésion – s’affaiblit au sein de l’Union, C’est la construction européenne même qui, à terme, est menacée. C’est pourquoi la nécessité de redessiner les contours du contrat qui lie les Etats membres entre eux en matière sociale s’impose à nous. Et le principal mérite de cette étude est sans doute, non seulement de l’affirmer avec force, mais de suggérer les moyens de le b tir.