Policy Paper 119
 
Promouvoir les réformes structurelles dans la zone euro : pourquoi et comment ?
Ce Policy Paper d’Eulalia Rubio soutient qu’il y a trois raisons différentes de promouvoir des réformes dans l'UEM d'aujourd'hui et analyse plus en détail quelle réponse politique serait appropriée pour atteindre chaque objectif.
|   14/10/2014             |   Eulalia Rubio             |   Economie et finance
Policy Paper

Alors que l’UE se dote de nouveaux dirigeants et que de nouvelles priorités stratégiques sont actuellement à l’étude, les discussions sur la nécessité d’encourager des réformes structurelles dans les économies de la zone euro repartent de plus belle. Cependant, il règne beaucoup de confusion sur les raisons pour lesquelles il est si important, à l’heure actuelle, de promouvoir les réformes dans la zone euro et sur quel serait le meilleur mécanisme pour le faire.

Ce Policy Paper d’Eulalia Rubio fait la distinction entre trois raisons différentes de promouvoir les réformes dans la zone euro :
1. améliorer la compétitivité de la zone euro,
2. renforcer la capacité de cette dernière à s’adapter aux chocs
3. et réduire les écarts de compétitivité au sein de la zone euro.

Ce Policy Paper examine l’importance de ces trois objectifs aujourd’hui et analyse quelle réponse politique serait appropriée pour atteindre chaque objectif.

Cette analyse permet de tirer trois grandes conclusions.

Premièrement, les coûts des réformes ne sont pas assez reconnus dans la mise en œuvre du pacte de stabilité et de croissance, notamment pour les pays concernés par le volet correctif du pacte. Pour améliorer la compétitivité de l’ensemble de la zone euro, il faut établir un lien plus direct entre les efforts liés aux réformes et l’extension des délais pour corriger les déficits excessifs.

Deuxièmement, s’il est nécessaire d’inciter les pays de la zone euro dont les marchés présentent des rigidités excessives à mener des réformes, les incitations financières ne semblent pas l’outil le plus approprié pour le faire. Une méthode plus efficace serait de fixer comme condition préalable à la participation des États membres à un futur mécanisme de stabilisation budgétaire de la zone euro l’établissement de conditions minimales de flexibilité du marché et d’ouverture à la concurrence.

Troisièmement, les facteurs de compétitivité hors coût – notamment la qualité des institutions publiques – représentent une part importante de l’écart de compétitivité observé actuellement dans la zone euro. Pour réduire cet écart, il pourrait être utile d’accompagner les efforts actuels de « dévaluation interne » d’une action européenne visant à soutenir des réformes de gouvernance publique dans les pays périphériques de la zone euro.