Policy Paper 229
 
Unis dans la diversité croissante : Comment l’UE prend en compte les relations interculturelles dans sa politique d’élargissement vers les Balkans occidentaux
Diane Lafont de Sentenac a remporté le prix Jacques Delors pour son mémoire sur les relations interculturelles entre l'UE et les Balkans occidentaux, dont nous publions ici une version plus courte. Le Prix Jacques Delors du meilleur mémoire est un prix annuel décerné à un ou une étudiant.e du Collège d’Europe, traitant ou utilisant des documents présents dans les Archives Jacques Delors - Présidence de la Commission européenne (1984-1994).
|   27/09/2018             |   Diane Lafont de Sentenac             |   Europe dans le monde
Policy Paper

Depuis la publication de sa stratégie de 2016 pour les relations culturelles internationales, l’UE renouvelle son engagement avec ses partenaires dans le domaine de la politique culturelle. Dans le cadre de l’élargissement aux pays des Balkans occidentaux, qui semble être entré dans une impasse, ces nouveaux trains de mesures et de politiques pourraient aider l’UE à renforcer et à maintenir la crédibilité de ses acteurs dans la région, en assurant un engagement structurel avec eux. Dans cette ambition de coopération culturelle, les attentes des partenaires européens en matière de relations mutuelles posent la question de la mesure dans laquelle l’UE considère efficacement les différences interculturelles dans son action culturelle extérieure.

La coopération culturelle pourrait permettre aux relations entre l’UE et la région de passer d’une simple gestion de crise à un processus de pré-adhésion. Elle ouvre en effet la voie à un engagement réciproque entre l’UE et les Balkans occidentaux, à la suite de l’appel de Jacques Delors à s’engager avec la « dimension affective de l’intégration européenne ». Les efforts de l’UE pour encourager les secteurs culturels indépendants des Balkans occidentaux et la participation ouverte à ses programmes culturels sont des actions concrètes qui renforcent le profil culturel de l’Europe du Sud-Est. Ceci est toutefois conditionné au fait que les divers entrepreneurs culturels indépendants puissent se permettre de participer aux programmes culturels de l’UE, ce qui est loin d’être le cas des initiatives actuellement organisées par l’UE réunies sous le nom d’« Europe créative ». En outre, l’enrichissement mutuel espéré dans les relations interculturelles est limité par le rapprochement demandé dans le processus d’élargissement, faisant de l’UE un régulateur culturel. Et la diplomatie culturelle assimile parfois la coopération culturelle à des objectifs de stabilité, entraînant le risque de sécurisation des relations culturelles, dénaturant leurs objectifs de compréhension mutuelle.

En mettant l’accent sur la mise en œuvre de la Stratégie pour les relations culturelles internationales, ce Policy Paper soutient que, lorsque l’UE est impliquée dans la culture, elle ne s’intéresse pas nécessairement à la dimension interculturelle, limitant la réciprocité et l’appropriation locale. Diane Lafont de Sentenac appelle en particulier à un engagement de l’UE avec les agences culturelles locales des Balkans occidentaux, qui ont un réel pouvoir de résilience et de réconciliation, mais qui ne sont pas pris en compte dans la méthodologie du processus d’élargissement axée sur l’État.