Nouvelle routes de la soie: Christophe Castaner en Chine, un déplacement qui intrigue
Président du conseil de surveillance du Port de Marseille, Christophe Castaner s'est rendu à Pékin cette semaine, accompagné d'une délégation, à l'occasion du forum des Nouvelles routes de la soie. Un déplacement plus étonnant que celui de Jean-Pierre Raffarin, qui y était au titre de représentant officiel de la France.

Cette année le forum des Nouvelles routes de la soie, qui s'est tenu à Pékin cette semaine, a accueilli deux délégations françaises. Jean-Pierre Raffarin, grand ami de la Chine, y a fait le déplacement. Présent aux côtés de l'ambassadeur de France à Pékin Bertrand Lortholary, l'ancien Premier ministre a pu s'entretenir avec le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi. Jean-Pierre Raffarin aurait, par ailleurs, quitté le forum au moment du discours prononcé par Vladimir Poutine, invité d'honneur de l'événement qui effectuait là son premier déplacement chez une grande puissance depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Son calendrier compte encore un autre voyage en Chine, prévu le 17 novembre prochain. Il devrait y être accompagné du maire LR de Meaux (Seine-et-Marne) Jean-François Copé.
Mais il y a plus étonnant côté français. Cette année, l'ancien ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est également déplacé à Pékin. Mais pas en sa qualité de président du conseil de surveillance du Port de Marseille, fonction qu'il occupe depuis novembre 2022 et perçue comme un "recasage" après ses défaites électorales aux législatives de 2022. L'ancien homme fort de la place Beauvau se serait rendu au forum des Nouvelles routes de la Soie de manière beaucoup plus informelle. Et le voyage aurait même été entièrement financé par le consulat chinois à Marseille, selon les informations de La Lettre.
Une délégation nombreuse
Christophe Castaner était accompagné par le député Renaissance des Bouches-du-Rhône Didier Parakian et le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Dans cette délégation figurait également Arnaud Bertrand, un entrepreneur spécialisé dans les médecines chinoises, et la chercheuse Elvire Fabry de l’Institut Jacques Delors, rapporteure entre autres d'un groupe de travail sur les relations UE-Chine. La liste se poursuit avec Jean-Paul Tchang. Directeur de la société WST&Partners, celui-ci a participé à l'implantation de groupes européens en Chine et de groupes chinois en Europe. Il a par ailleurs, longtemps été rédacteur en chef de "La Lettre de Chine", une lettre d'information sur l'économie, la diplomatie et l'industrie chinoise.
La délégation qui accompagnait Christophe Castaner a également visité le port de Canton qui est l'un des ports les plus importants dans l'économie mondiale.
Le piège de la dette
Cette année, les Nouvelles routes de la Soie fêtaient leur 10e anniversaire. Le projet se voulait, au départ, un outil d'influence économique et stratégique dans laquelle la Chine a investi environ 1.000 milliards de dollars. Mais le projet qui prévoit un immense programme de construction d'infrastructures dans le monde, a connu un profond ralentissement à partir de 2020 et la survenue du Covid en Chine.
Autre coup dur récent pour l'Empire du Milieu: le départ de l'Italie, qui était l'un des rares pays occidentaux à avoir rejoint le projet. Les investissements promis dans les ports de Trieste et de Gênes n'ont rien produit de concret. Les exportations italiennes vers la Chine ont un peu augmenté, passant de 11 à plus de 16 milliards d'euros, mais les exportations chinoises vers l’Italie ont, elles, été multipliées par deux et dépassent les 50 milliards d'euros.
L'Italie n'est pas le seul pays à prendre ses distances avec l'ambitieux projet chinois. Les deux tiers des pays qui participent aux Nouvelles routes de la soie se retrouvent surendettés, c'est notamment le cas en Afrique. Car les investissements chinois sont en réalité des prêts aux taux d’intérêts élevés qu'ils ne peuvent plus rembourser, sauf à céder leurs infrastructures à leur partenaire, comme l'a fait le Sri Lanka avec un projet portuaire.
Newsletter
Recevez les analyses et les exclusivités de la rédaction directement dans votre boite mail.
DÉCOUVRIR