interview
 

L’« Europe à la carte », un projet d’intégration à risques ?

Loin d’être neuve, l’idée d’une Union européenne à géométrie variable, cristallisée autour de clubs restreints de pays avançant à coups de coopérations renforcées, divise au sein des États membres.

|   26/04/2019               |   La Croix                       |   Law and institutions

« Opportunité » pour certains, « danger » pour d’autres, le scénario divise, même parmi ceux qui se revendiquent de la défense des droits économiques et sociaux. « Ces diverses appellations utilisées dans le débat public renvoient à au moins trois visions nationales de la différenciation » comme voie d’intégration, pointe Thierry Chopin, professeur de sciences politiques à l’Université catholique de Lille (ESPOL). « La première, d’origine plutôt anglo-saxonne, conçoit les coopérations particulières comme un moyen de rester en dehors de tout projet de nature fédérale ».
Un processus ouvert « La seconde, plutôt franco-allemande, la voit au contraire comme un moyen de créer, au sein de l’UE, un sous-ensemble, permettant à un petit groupe d’états volontaires d’aller plus loin dans l’intégration. Elle vise ainsi une union dans l’Union », poursuit le conseiller spécial de l’institut Jacques Delors, « La troisième, principalement exprimée dans les pays d’Europe centrale et orientale, craint quant à elle une fragmentation massive de l’Europe, et pointe le risque de la création de clubs restreints de pays, dont d’autres seraient exclus. Il est ainsi indispensable de s’assurer que l’intégration différenciée reste un processus ouvert ».

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