interview
 

“Sur la question de l’ouverture des marchés chinois, les Etats membres ont des intérêts convergents”

For Pascal Lamy, “Dans la feuille de route établie il y a quinze jours par l’UE, la Chine est qualifiée à la fois de partenaire et de rival. Les Européens ont enfin un logiciel articulé et uni face à la Chine, alors que Pékin essayait jusqu’ici plutôt de nouer des partenariats avec des Etats membres ( l’Italie, les pays de l’Est). Si l’UE veut avoir du poids face à la Chine, elle doit parler d’une seule voix”.

Our researcher Elvire Fabry gave an interview on the topic :

Réciprocité dans l’accès aux marchés, subsides d’Etat aux entreprises chinoises : les points économiques au menu du Sommet UE-Chine semblent les mêmes depuis des années. Pourquoi ?

On a effectivement le sentiment d’un agenda qui se répète d’une année à l’autre. La cause est à chercher du côté de l’inertie chinoise dans ces dossiers. Concernant les investissements européens en Chine, il y a beaucoup d’impatience chez les Européens. Et sur la question de la réciprocité, ce qui est différent aujourd’hui, c’est leur mobilisation. La prise de conscience des Européens vient de l’impact des Nouvelles routes de la soie, qui a joué le rôle d’un signal d’alerte. Les Chinois ont investi dans quatorze ports européens, dont six en tant qu’investisseur majoritaire. Il y a donc raison à mieux en anticiper l’impact, surtout quand ce sont des entreprises d’Etat chinoises qui investissent dans ces infrastructures.

Les Européens ont adopté une attitude nouvelle, passant d’une approche plutôt coopérative à une approche plus défensive. La Commission européenne est plus claire sur une position beaucoup plus offensive afin de se prémunir davantage de l’inertie de la Chine en matière de réformes.

L’Europe va-t-elle réellement parler d’une seule voix à ce sommet, alors que les intérêts des uns et des autres ne sont pas semblables ?

La cohésion, c’est toute la question. C’est ce à quoi appelle la Commission européenne. Sur la question de l’ouverture des marchés chinois, les Etats membres ont des intérêts convergents. Mais la position de l’Italie (faisant référence à la signature du protocole d’accord avec la Chine, NdlR) a agacé. La Chine joue et profite de nos divisions internes.

Quelles pourraient être les conclusions du sommet ?

Ce n’est pas évident… Donald Tusk n’entend pas signer une feuille de route insipide. Il faudra de la substance. Donc on peut imaginer qu’on préférera peut-être ne rien signer plutôt que de donner aux Chinois le signal de “business as usual”. Pourtant, l’échéance est courte : les Routes de la soie avancent, la réalité des investissements chinois en Europe est là, tout comme celle des distorsions chinoises de marché.

 

|   08/04/2019               |   La Libre Belgique             |   Fabry Elvire   |   Lamy Pascal             |   Europe in the world

Le 21e Sommet bilatéral entre l’Union européenne et la Chine se tiendra ce mardi à Bruxelles. Entre autres, au menu des discussions, les relations économiques entre les deux entités, intimement liées par d’importants échanges commerciaux : l’UE est le premier partenaire commercial de la Chine et la Chine le second de l’Europe.

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