Policy Paper 243
 

Au-delà de la politique industrielle
une nouvelle stratégie de croissance pour l’Europe ?

Henrik Enderlein, Directeur du Jacques Delors Institut – Berlin, Elvire Fabry, Chercheuse senior, Institut Jacques Delors – Paris, Lucas Guttenberg, Directeur adjoint, Jacques Delors Institut – Berlin, Nils Redeker, chercheur, Jacques Delors Institut – Berlin analyse les besoin de l’Europe en matière de stratégie de croissance.

|   14/10/2019             |   Henrik Enderlein   |   Elvire Fabry   |   Lucas Guttenberg             |   Economie et finance
Policy Paper

La politique industrielle est devenue une expression à la mode fréquente dans les débats sur la politique économique de l’Union européenne, mais il est difficile de s’entendre sur le sens à lui donner. L’expression est également utilisée à mauvais escient pour désigner ce dont l’Europe a vraiment besoin, à savoir une nouvelle stratégie pour la croissance qui redéfinisse le rôle de l’État dans l’économie, qui permette à l’Europe de relever les défis de la mondialisation, de l’automatisation et de la numérisation, et qui, parallèlement, reconnaisse le fait que certains partenaires économiques de premier plan remettent en question les règles d’une concurrence équitable.
Pour assurer son succès, cette stratégie doit reposer sur une base intellectuelle solide afin d’éviter tout risque d’apporter des solutions simplistes à des problèmes mal définis. Celles-ci doivent être prospectives et adaptées à l’ère numérique, au risque d’être sinon inefficaces. En outre, une nouvelle stratégie pour la croissance devrait renforcer et non affaiblir les relations commerciales internationales ainsi que l’ouverture de l’Europe au monde.
Une stratégie européenne globale pour la croissance devrait donc :

#1 ▪ Faire progresser de manière substantielle l’agenda du marché unique classique ;
#2 ▪ supprimer les entraves au développement pour toutes les petites entreprises
et start-up européennes ;
#3 ▪ essayer de fixer des normes règlementaires mondiales de référence pour
les technologies du futur ;
#4 ▪ avancer sur la voie d’un « Schengen économique » ;
#5 ▪ augmenter les fonds publics européens pour l’innovation, orienter le budget
communautaire vers la recherche et rendre les nouvelles technologies prêtes pour la
commercialisation ;
#6 ▪ faire de l’Union des marchés des capitaux une réalité pour faciliter le financement
privé de l’innovation ;
#7 ▪ défendre l’ouverture commerciale avec de nouveaux traités bi- et multilatéraux ;
#8 ▪ doter l’UE des mesures protectrices nécessaires pour rendre la concurrence équitable dans le commerce mondial ;
#9 ▪ éviter de politiser la politique de concurrence, mais l’utiliser de manière
plus intelligente.