Guerre en Iran : d’un choc énergétique à un choc d’électrification ?

L’Union européenne (UE) est confrontée au second choc énergétique de cette décennie. Le premier, survenu à l’automne 2021, résultait d’une flambée des prix du gaz consécutivement à la formation d’une « tempête parfaite » : manipulation des approvisionnements en gaz russe, opérations de maintenances de sites de production russes et norvégiens, baisse de la production domestique et reprise économique en Asie.
L’envolée des prix résultant de l’invasion russe de l’Ukraine du 24 février 2022 avait ensuite scellé le basculement en une crise énergétique d’ampleur.
Le second, trouve sa survenance dans un fait générateur unique daté du 28 février 2026 : le blocage du détroit d’Ormuz en réponse aux frappes américano-israélienne en Iran.
Or, si sa durée demeure incertaine, son ampleur doit être mise en perspective avec la hausse observée à l’époque : En atteignant les 63€/MWh le 9 mars dernier, le prix du gaz a été multiplié par deux par rapport à son niveau observé avant les frappes en Iran.
A titre de comparaison, lors du choc gazier de 2021, un tel niveau de prix avait été observé à la mi-septembre 2021 mais le prix avait continué à croître jusqu’à dépasser 340€/MWh. A contrario, depuis le pic du 9 mars, le prix du gaz s’est stabilisé autour des 50€/MWh.
En matière pétrolière, le prix du baril de Brent a approché le niveau de 120$ alors que le prix était d’environ 60$ mi-février. Depuis, le niveau oscille autour de la barre symbolique des 100$ le baril.
Jusqu’à présent, la réaction des marchés semble contenue ce qui indique une anticipation quant à une résolution plus ou moins rapide du conflit. Néanmoins, si ce dernier venait à perdurer, s’opèrerait alors un réajustement des prix dont l’amplitude pourrait être extrêmement importante.
Cela conduirait alors à requalifier le choc énergétique que traverse actuellement le vieux continent en véritable crise énergétique des hydrocarbures. Au-delà de l’aspect sémantique, un tel changement de dénomination acterait l’obligation pour les décideurs politiques d’adapter en conséquence les mesures de réponse à la hausse des prix, tant les répercussions économiques liées à un choc énergétique – par définition circonstancié dans le temps – sont intrinsèquement différentes d’une crise énergétique.



