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Lettre ouverte à nos amis européens qui veulent voter non

Le Conseil d’administration de Notre Europe a décidé d’intervenir dans les débats sur le référendum français du 29 mai 2005.

|   15/05/2005             |   Conseil d'Administration   |   Jacques Delors             |   Démocratie et citoyenneté
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Chers amis, C’est vous qui ferez la différence le 29 mai.

Pour Maastricht les choses étaient claires : pour ou contre une monnaie unique. Nous étions ensemble pour cette avancée fédérale. On ne mélangeait pas les voix entre souverainistes, populistes et fédéralistes.

Aujourd’hui, votre vote risque de brouiller les cartes. Si l’on peut émettre des critiques sur la Constitution, il faut aussi se demander à quoi sert de voter « non » »¦ Cette Constitution est sans doute trop longue, et parfois mal écrite. Nous en aurions aimé une plus belle avec une partie III lapidaire. On peut discuter à l’infini sur les avantages d’une compilation des traités existants ou d’une codification napoléonienne -débat bien français-. La vérité est qu’aucun Etat n’a voulu prendre le risque de détricoter l’acquis communautaire des 50 dernières années, à commencer par les articles très peu libéraux sur la politique agricole commune. Aucun Etat n’a voulu suivre le Président de la Commission européenne, Romano Prodi, lorsqu’il a proposé une procédure plus souple de révision de cette fameuse partie III sur les politiques de l’Union. On peut le regretter, mais non s’en scandaliser lorsqu’on a déjà voté en faveur de ces textes lors des consultations précédentes.