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Newsletter – Juillet 2020

LA PRÉSIDENCE ALLEMANDE, PLUS QU’UNE HEUREUSE COÏNCIDENCE

Ce 1er juillet débute officiellement la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne. Cette présidence semestrielle survient alors que l’UE affronte parmi les plus redoutables épreuves de son histoire, dont l’issue pourra aussi marquer un tournant dans l’intégration européenne. La première priorité de la présidence allemande est de conclure, ce mois-ci, un accord pour un ambitieux fonds de relance budgétaire. L’économiste Henrik Enderlein, qui dirige notre organisation sœur à Berlin, le Jacques Delors Centre de la Hertie School, a expliqué à la chaîne allemande ZDF pourquoi cette présidence tombe à point pour réussir ce qui peut fonder une solidarité nouvelle dans l’Union.

Quelle importance faut-il accorder au fait que l’Allemagne prenne la présidence du Conseil de l’UE en pleine crise ?

Henrik Enderlein : En fait, la présidence du Conseil de l’UE est un instrument qui est tombé en désuétude. Nous avons un président permanent du Conseil européen et, en règle générale, depuis, personne ne se souvient d’une présidence. Néanmoins, elle est particulièrement importante cette année, parce que les défis sont d’une ampleur historique. Il faut réagir à l’épidémie. Le cadre financier commun doit être établi. Il s’agit de mener à terme les négociations du Brexit. Les défis sont si importants que c’est une heureuse coïncidence que l’Allemagne, l’un des plus importants pays de l’UE, prenne la présidence.

Au cadre financier européen doit s’ajouter un fonds de relance de 750 milliards d’euros, largement inspiré d’une proposition franco-allemande. Comment expliquer cette réaction inédite de l’Allemagne ?

H.E. L’Allemagne a toujours réagi aux crises par une réponse européenne. Dans certains cas, cela a pris un peu plus de temps. Mais cette proposition franco-allemande de fonds de relance est en effet un moment qui restera dans l’histoire européenne car pour la première fois on a trouvé une réponse commune à une crise commune. Il ne s’agit pas de redistribuer ou de se demander : qui est responsable et qui contrôle ? Cette crise nous concerne tous. Il est bon que l’Allemagne et la France aient trouvé une réponse commune.

La négociation du fonds de relance ne risque-t-elle pas de raviver le clivage Nord-Sud dans l’UE ?

H.E. J’ai l’impression que le débat est en train de se transformer. Jusqu’à présent, le Nord a toujours dit que le Sud devait se réformer. Et le Sud a dit que le Nord devait faire preuve de solidarité. Mais aujourd’hui, on entend davantage des pays comme l’Allemagne, mais aussi les Pays-Bas, parler de solidarité comme nécessité. Et, de l’autre côté, des pays comme l’Italie qui soudain disent qu’ils doivent aussi améliorer leurs propres structures économiques. Si nous ne concevons pas l’Europe comme un État-nation, mais plutôt comme un État fondé sur la solidarité, tout le monde en profitera.

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