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Paysage après la bataille

Trois semaines après les référendums et au lendemain du Conseil européen, l’auteur décrit le paysage européen et analyse les trois lectures possibles de la situation

|   29/12/2006             |   Jean Pisani-Ferry             |   Démocratie et citoyenneté
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Trois semaines après le référendum, et au
lendemain d’un sommet européen conflictuel, les lignes de force se dégagent peu
à peu : sur les effets du double non français et néerlandais, leur
interprétation, les choix auxquels sont confrontés les Européens. Le rejet du traité constitutionnel a d’abord
eu un impact immédiat, qui était attendu. 

En plaçant le projet de constitution
en hibernation à durée indéterminée, le Conseil européen a évacué les réformes
institutionnelles et la charte des droits fondamentaux. Bien entendu, les
textes en vigueur, ceux de la troisième partie, continuent quant eux de
s’appliquer.

La surprise a été l’ampleur des effets
collatéraux. La mise en doute des élargissements à venir était prévisible, mais
la polémique sur l’euro et la crise budgétaire l’étaient moins. Sous le choc,
l’Union a révélé sa fragilité cachée. Elle est apparue pour ce qu’elle
est : un construction inachevée, en devenir, dont chaque étape s’appuie autant
sur l’anticipation de la suivante, que sur la précédente, mais dont les
acteurs ne partagent pourtant pas les mêmes rêves.