Décryptage
 

Populismes : la « faute à l’Europe » ?

Thierry Chopin, professeur de science politique à l’Université catholique de Lille (ESPOL) et conseiller spécial à l’Institut Jacques Delors, et Emmanuel rivière qui dirige la division Public de Kantar en France et préside le Centre Kantar sur le futur de l’Europe, apportent leur analyse sur la montée des populismes en Europe.

|   18/04/2019             |   Thierry Chopin   |   Emmanuel Rivière             |   Démocratie et citoyenneté
Décryptage

Le succès des forces politiques national-populistes fait l’objet d’une lecture largement consensuelle : il serait la manifestation d’une hostilité de la part de leurs électeurs à l’égard de l’Union européenne. Dans le même temps, il est notable que le soutien en faveur de l’appartenance à l’UE s’est fortement accru ces trois dernières années si l’on considère la moyenne européenne des plus récents Eurobaromètres. En effet, les enquêtes d’opinion réalisées à la suite du référendum britannique suggèrent que les opinions publiques sont devenues plus favorables à la participation à cette Union, et plus positives sur l’image qu’elle inspire.

Il est remarquable que cette évolution soit également constatable dans les États membres actuellement gouvernés par des forces politiques national-populistes et illibérales comme en Hongrie et en Pologne. Par ailleurs, on ne trouve dans aucun pays membre une majorité « europhobe » en faveur de la sortie de l’Union européenne et il n’y a pas de remise en cause de l’appartenance à l’UE, ni en Hongrie ni en Pologne.