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10/02/26

Soutien de l’UE à l’Ukraine en 2026 : la saga du prêt de réparation de guerre

La question du financement de l’effort de guerre en Ukraine a été au centre des discussions des dirigeants de l’Union Européenne (UE) au sein du Conseil européen.

À ce jour, l’UE a versé plus de 177 milliards d’euros d’aide militaire, économique et politique. Son assistance à l’Ukraine combine ce soutien macroéconomique et politique avec une aide militaire et des sanctions. Pour adopter ces sanctions, la procédure décisionnelle de l’UE exige l’unanimité de ses États membres. Leur mise en oeuvre dépend des 27 systèmes nationaux.

Outre les interdictions d’entrée sur le territoire de l’UE pour certains ressortissants russes, d’importer des produits russes (gaz naturel, pétrole, etc.) et les restrictions à l’exportation, certaines sanctions consistent à geler les avoirs russes.

En 2024, l’UE a décidé que la plupart des bénéfices générés par ces avoirs gelés seraient affectés à son aide militaire. En outre, le Conseil de l’Union européenne a pris la décision que les avoirs gelés et les bénéfices qu’ils génèrent devaient être gérés séparément.

La plupart de ces avoirs sont détenus par les démocraties occidentales et s’élèvent entre 300 et 330 milliards de dollars. Euroclear (une société privée belge) détient plus de la moitié de ce montant (estimé à 185 millions d’euros). Des plans visant à utiliser les avoirs russes gelés ont été envisagés depuis le début de la guerre d’agression et, récemment, la Présidente de la Commission européenne a fait valoir que les soldes de trésorerie associés à ces avoirs russes pourraient être utilisés comme prêt de réparation de guerre de 140 millions d’euros pour soutenir l’Ukraine.

Le plan de la Commission n’a pas été bien accueilli par tous, certaines analyses soulignant les risques économiques et juridiques qu’il comportait. Lors du Conseil européen du 23 octobre 2025, la Commission a été chargée de présenter d’autres options de financement.

Après avoir décrit le prêt de réparation de guerre et les risques qui y sont liés, cet article conclut que pour préserver ses normes, en tant qu’organisation internationale prônant un ordre mondial fondé sur des règles, l’UE devrait, promouvoir un prêt conjoint ainsi que la création d’un tribunal spécial pour les crimes d’agression, à la fois comme moyens de pression dans les futures négociations de paix et pour fournir une base juridique à tout programme de réparation de guerre.

L’UE devrait également suggérer d’emprunter des fonds sur les marchés des capitaux et agir en tant que garant en élargissant la facilité ukrainienne.