Académie Notre Europe #5 – L’Europe de la Défense et de l’Élargissement

Académie Notre Europe #5 – L’Europe de la Défense et de l’Élargissement
Date / Lieu : 13 février 2026, à Europa Expérience à Paris et et au Sénat.
Contexte :
La cinquième session de l’Académie Notre Europe était consacrée à la défense européenne et à l’élargissement de l’Union européenne. Dans un contexte où la guerre est aux portes de l’UE et où l’alliance historique entre l’Union européenne et les États-Unis connaît de profondes transformations, les Européens semblent aujourd’hui manifester une volonté renouvelée de s’engager en faveur d’une défense commune. Mais comment concrétiser les ambitions exprimées sur ce sujet, intimement lié à la souveraineté de chaque État ? Dans ce cadre, cette session a également été l’occasion de se tourner vers l’Est et d’examiner l’élargissement de l’Union européenne aux Balkans occidentaux ainsi que les défis qui y sont associés.
Déroulé :
Les échanges ont débuté avec Sylvie Matelly, qui est intervenue en direct depuis la Conférence de Munich sur la sécurité. Elle a mis en lumière les principaux enjeux de l’édition 2026, particulièrement attendue dans un contexte international extrêmement tendu. Cette édition s’est déroulée dans un climat de forte incertitude : les relations transatlantiques sont fragilisées, la guerre en Ukraine se poursuit, tandis que le Moyen-Orient connaît des tensions persistantes et une multiplication des conflits régionaux. À cela s’ajoute la fin du traité New START, qui encadrait la limitation de la prolifération des armes nucléaires entre les États-Unis et la Russie. Selon Sylvie Matelly, l’Union européenne doit repenser sa stratégie : le temps d’une dépendance systémique aux États-Unis est révolu ; l’UE doit désormais adopter une vision plus autonome, notamment en matière de sécurité.
Les discussions se sont poursuivies avec Louise Souverbie et Pierre Haroche, qui ont abordé des enjeux très concrets : le réarmement européen et l’industrie de défense européenne. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les priorités européennes ont évolué, notamment dans le domaine industriel. Toutefois, comme l’a souligné Louise Souverbie, le réarmement ne signifie pas nécessairement une européanisation automatique. Les capacités industrielles européennes ont longtemps été conçues pour un contexte de paix, tandis que la demande en matière d’armement reste largement nationale. Pierre Haroche a insisté sur la nécessité d’investir dans de nouvelles capacités adaptées aux conflits contemporains : drones, systèmes anti-drones, défense aérienne et missiles. Pour ces équipements « consommables », une base industrielle européenne et un budget commun apparaissent particulièrement pertinents. Enfin, la question d’une « préférence européenne » dans les achats d’équipements de défense a été soulevée. Si cette idée vise avant tout à renforcer l’autonomie stratégique de l’Union, elle reste source de divisions entre États membres et met en lumière les tensions pouvant exister entre ambitions communes et intérêts nationaux.
La matinée s’est conclue par une intervention de Lukáš Macek consacrée à un enjeu majeur : l’élargissement de l’Union européenne. La question de l’élargissement est revenue au premier plan, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Face aux nombreuses candidatures et aux impératifs géopolitiques croissants, l’Union doit trouver une voie adaptée. Parmi les options évoquées figure celle d’une adhésion progressive. Ce modèle permettrait de répondre à l’urgence de la situation tout en limitant les risques liés à une intégration trop rapide. Cette dernière séquence a permis aux jeunes participants de l’Académie de mieux comprendre les liens étroits entre les questions de défense et d’élargissement. Dans les années à venir, l’Union européenne devra prendre des décisions structurantes sur ces deux fronts.
La session s’est poursuivie par une visite du Sénat, suivie d’un échange avec Xavier Moal, responsable du secrétariat de la Commission des affaires européennes du Sénat. Les participants de l’Académie ont ainsi pu découvrir de manière concrète une institution fondamentale où sont élaborées des décisions politiques et législatives nationales, tout en appréhendant la manière dont celle-ci traite les enjeux européens.
Qu’est-ce que l’Académie Notre Europe ?
L’Académie Notre Europe est le programme annuel de l’Institut Jacques Delors dédié à la jeunesse, lancé par Enrico Letta afin d’offrir un espace d’apprentissage, de dialogue et d’échange autour des affaires européennes. Destinée aux jeunes de 16 à 35 ans, elle s’appuie sur l’expertise de l’Institut et sur son réseau de décideurs politiques et d’universitaires pour approfondir la compréhension de l’Union européenne et renforcer une citoyenneté européenne active.






