Islande, la possibilité d’Union

L’Europe se réinvite dans le débat politique islandais à l’occasion d’un référendum, qui ne porte pas sur l’adhésion du pays à l’Union européenne (UE) en tant que telle mais sur l’opportunité d’en reprendre les pourparlers ou non. Le choix divise cette île périphérique de 370 000 habitants en quête de stabilité monétaire et de sécurité mais jalouse de son indépendance et soucieuse de préserver ses intérêts dans l’industrie de pêche.
Sans adhérer à l’UE, l’Islande y est déjà étroitement liée. Elle appartient, avec la Norvège et le Liechtenstein, à l’Espace économique européen (EEE) depuis sa création, sous Jacques Delors, en 1994. Elle participe ainsi au marché unique, s’alignant régulièrement sur les normes européennes mais conservant des droits de douane.
Comme les deux autres États de l’EEE, l’Islande est au départ membre de l’Association européenne de libre-échange (AELE), organisation intergouvernementale d’échanges commerciaux (dont reste aussi membre la Suisse). Depuis qu’elle l’a rejointe en 1970, l’Islande a vu la plupart de ses autres membres quitter l’AELE pour rejoindre l’Union européenne (Royaume-Uni et Danemark dès 1972, Portugal puis Suède et Finlande).
L’Islande participe aussi à plusieurs programmes et politiques de l’UE. Elle a rejoint l’espace Schengen de libre circulation des personnes en 2001. Elle est associée au programme Erasmus ainsi que, depuis 2021, au programme de recherche Horizon. Elle contribue aussi à la protection civile européenne (qui lutte par exemple contre les feux de forêt et autres catastrophes).
Reykjavik bénéficie également de fonds de cohésion de l’UE. Elle est intégrée au marché européen du carbone (ETS). Sa politique étrangère applique toutes les sanctions européennes envers la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. En dehors de l’UE, outre l’AELE, l’Islande a rejoint plusieurs organisations régionales depuis son indépendance en 1944. Le pays est l’un des plus anciens membres du Conseil de l’Europe, rejoint en 1950, un an après sa création.
Le pays est aussi membre fondateur de l’Otan créée en 1949. Enfin, comme le reste du continent, il participe à la Communauté politique européenne (CPE) depuis le lancement en 2022 de cette instance informelle.


