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Les finalistes de l’élection présidentielle Emmanuel Macron et Marine Le Pen veulent tous deux lutter contre la hausse des prix de l’énergie. Mais tandis que le premier plaide principalement pour une réforme du marché de l’électricité européen, la seconde recherche avant tout des solutions sur le front de la fiscalité.
Dès la première question du débat de l’entre-deux-tours mercredi 20 avril, Marine Le Pen a clamé vouloir « rendre leur argent aux Français », notamment en réduisant la TVA sur l’essence, le fioul, le gaz et l’électricité à 5,5% (contre 20% actuellement). Dans son programme, la candidate du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle évoque un « effort très significatif (…) sur tous les produits énergétiques ». En face, le président candidat Emmanuel Macron ne moufte pas, prend quelques notes. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il répliquera en évoquant une mesure « deux fois plus efficace que la baisse de la TVA » : le « bouclier » mis en place dans l’Hexagone dès l’automne 2021, pour bloquer temporairement les prix du gaz et de l’électricité.
« J’assume que c’est un dispositif de crise (…), et quand on reviendra à des prix traditionnels, j’assume de ne pas subventionner le gaz et le pétrole qu’on ne produit pas, mais de plutôt dépenser l’argent public pour aider les ménages à rénover leur logement ou à changer de véhicule et sortir des énergies fossiles », a expliqué Emmanuel Macron tandis que Marine Le Pen, considérant que « l’énergie est un bien de première nécessité », a plaidé pour un mécanisme « pérenne ».
La nouvelle mouture de la directive régissant les taux de TVA en Europe, sur laquelle se sont entendus à l’unanimité les Etats membres en décembre 2021 (après près de quatre ans de négociations, tout de même), permettrait en effet l’application d’un taux réduit (jusqu’à 5%) pour l’électricité, et jusqu’au 1er janvier 2030, pour le gaz naturel et le bois utilisé pour se chauffer. Mais celle-ci, à l’heure actuelle, n’est pas encore entrée en vigueur.
Sortir du marché européen de l'électricité?
Les deux finalistes au scrutin du 24 avril ne partagent pas non plus la même vision du sort à réserver au marché européen de l’électricité. Emmanuel Macron veut le réformer, Marine Le Pen en sortir, puisqu’elle est contre ce système dans lequel le « prix n’est pas fixé sur nos prix de production à nous ». Si l’avenir de ce marché pose question, c’est parce qu’il est régulièrement pointé du doigt comme étant le responsable de l’envolée des prix, du fait de l’interconnexion des prix de l’électricité et de ceux du gaz. Depuis le deuxième semestre 2021, le sujet se retrouve immanquablement sur la table des 27 dirigeants, Conseil européen après Conseil européen, sans qu’aucun consensus n’émerge réellement. Et l’invasion russe en Ukraine n’a fait qu’accentuer cette tendance. « Les marchés de l’électricité en Europe sont fondés sur le modèle du prix marginal : le prix de gros dépend principalement du coût de production de la dernière centrale appelée sur le réseau européen pour répondre à la demande. En l’espèce, les centrales à gaz. En conséquence, la formation du prix de l’électricité résulte indirectement du prix du gaz et ce, même si ce dernier ne contribue à produire que 20% de l’électricité européenne », rappelle ainsi une récente note de l’institut Jacques-Delors.
« Une immense erreur »
Selon Emmanuel Macron, sortir du marché européen de l’énergie serait « une immense erreur », et ce car « nous sommes interconnectés, nous avons des moments où nous importons l’énergie que nous ne produisons pas sur le sol français ». Et le président qui souhaite être réélu de marteler : « Comme nous sommes interconnectés, nous avons besoin du marché européen. »
La France plaide depuis l’automne pour revoir les règles de ce marché, mais cette réforme « ne se fait pas en un mois », a encore asséné Emmanuel Macron. « Il faut pouvoir réformer le marché de l’électricité pour qu’il ne dépende plus des petites parts additionnelles de gaz qu’on importe parfois, mais de la base installée, en particulier la nôtre, qui est beaucoup plus le nucléaire », a encore détaillé Emmanuel Macron, qui en est persuadé : « C’est ce qui permettra de baisser les prix. »
Une réunion du Conseil européen est prévue les 30 et 31 mai à Bruxelles. Reste à voir qui d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen défendra à l'avenir, à la table des Vingt-sept, les couleurs de la France.
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