Les opinions publiques et l’UE a l’heure des ukases trumpiens

L’année 2025 a été l’occasion de revenir sur l’évolution de l’opinion dans les Etats membres de l’UE pendant les quarante années écoulées depuis l’arrivée de Jacques Delors à la présidence de la Commission européenne.
Ces quatre décennies ont été marquées par des fluctuations importantes : un essor initial d’attitudes favorables à l’UE lié à l’intérêt suscité par le plan proposé par Jacques Delors pour relancer la construction européenne, suivi par une alternance de rechutes et de rebonds pendant une vingtaine d’années puis, depuis la fin de la crise financière et économique de 2007-2008, une nouvelle progression très sensible entre 2011 et 2018, consolidée dans les années qui ont suivi.
L’évolution de l’opinion peut être appréciée d’abord au travers des réponses à deux questions posées dans les enquêtes Eurobaromètre deux fois par an : l’appartenance de son pays à l’UE est-elle une bonne chose, une mauvaise chose ou une chose ni bonne ni mauvaise ? Et le pays en a t-il ou non bénéficié ? Au printemps 2024 (question qui ne fut pas reposée lors des deux semestres suivants) 60% des citoyens interrogés considéraient l’appartenance de leur pays à l’Union européenne comme une bonne chose, contre 12% qui en avaient une opinion défavorable (et 27% se déclaraient neutres). Ce niveau était en hausse de 13 points par rapport à 47% au printemps 2011.
La perception des bénéfices de l’appartenance à l’Union apparaissait encore plus positive. Les jugements favorables dépassaient 70% aussi bien en 2024 (71% au printemps) qu’au début de 2025 (74%, contre 22% d’avis contraires). La progression était spectaculaire par rapport à 2011, où seuls 52% des répondants estimaient que leur pays tirait profit de son appartenance à l’UE. D’autres questions, posées déjà en 2011, conduisent à des constats similaires.
L’image de l’Union européenne, l’optimisme quant à son avenir, le sentiment qu’elle évolue dans le bon sens et l’attachement déclaré à son égard progressaient de manière modérée, de 3 à 7 points. La confiance qu’elle inspire gagnait 11 points, le sentiment d’être citoyen de l’Union 13 points, et la conviction que les intérêts de son pays y sont correctement pris en compte progressait même de 23 points. Ces résultats peuvent surprendre, au regard de l’ampleur des défis auxquels l’UE est confrontée, et des difficultés qu’elle a parfois montrées à les traiter efficacement.
Ils témoignent néanmoins d’un renforcement du sentiment européen dans un contexte marqué par les menaces et les incertitudes.


