Rapports
 
Concurrence sociale dans l’UE : mythes et réalités
Cette Étude de K. Maslauskaite vise à fournir une analyse globale des diverses composantes de la concurrence sociale au sein de l'UE afin de vérifier si les différences entre Etats membres offrent une marge suffisante pour conduire à un « dumping social » généralisé.
|   05/06/2013             |   Kristina Maslauskaite             |   Travail et affaires sociales
Rapports
Le débat sur la concurrence sociale, ou dumping social, est aussi ancien que l’Union européenne elle-même. Il est cependant devenu plus houleux ces dernières années, en raison des difficultés économiques et des forts taux de chômage qu’ont connus de nombreux États membres. En effet, les opinions, comme les dirigeants, craignent que l’intense concurrence que se livrent les États autour du coût du travail ne se solde par un nivellement par le bas en termes de normes sociales.
La présente Étude de K. Maslauskaite vise à fournir une première analyse des diverses normes du travail en vigueur dans les 27 États membres de l’UE afin de vérifier si les différences inter-étatiques offrent une marge suffisante pour conduire à un « dumping social ». Pour des raisons de concision, seules les tendances générales à l’échelle nationale ont été étudiées à l’aide des données les plus pertinentes.
De manière générale, l’analyse révèle certains développements intéressants et montre qu’il existe globalement peu de marge pour une concurrence entre les « anciens » et « nouveaux » États membres de l’UE. Par conséquent, en matière de coût du travail ajusté de la productivité, certains des nouveaux États membres ont perdu leur statut de pays à main-d’oeuvre bon marché et sont même devenus plus chers que les membres historiques.
Contre toute attente, trois États membres n’appartenant pas au club des PECO, le Royaume-Uni, l’Irlande et, dans une certaine mesure, le Luxembourg, semblent se démarquer systématiquement des autres pays en termes de coût réel du travail, qu’il s’agisse de coûts directs ou indirects. Ces pays pourraient donc être considérés comme les suspects les plus crédibles en matière de concurrence sociale. Pour autant, il ne faut pas en conclure forcément que ces pays s’y adonnent ; seulement que leur modèle économique est plus efficace en termes de coût du travail. Comme l’indique cette Étude, il est parfois difficile de différencier la concurrence déloyale d’une vraie concurrence améliorant le bien-être, ce qui rend l’argument du « dumping social » difficile à prouver.