Policy Paper 198
 
Prolonger Erasmus : un nouvel élan pour la mobilité des jeunes en Europe
Publié à l'occasion des 30 ans d'Erasmus, ce Policy Paper d'Yves Bertoncini et Sofia Fernandes présente un aperçu de l’évolution du programme Erasmus depuis 1987 et met en lumière le succès de l’« esprit Erasmus », qui se traduit notamment par l’européanisation des cursus universitaires et le développement de la mobilité non académique.
|   14/06/2017             |   Yves Bertoncini   |   Sofia Fernandes             |   Démocratie et citoyenneté
Policy Paper

Trente ans après son lancement par la Commission européenne présidée par Jacques Delors en juin 1987, le programme « Erasmus » est devenu l’une des « marques » les plus emblématiques de l’UE, un héritage qu’il s’agit de faire fructifier en donnant un nouvel élan à la mobilité des jeunes en Europe. Si de nombreux bilans techniques et statistiques ont déjà été dressés quant à l’apport d’Erasmus sur l’employabilité de ses bénéficiaires ou sur leur ouverture à la citoyenneté européenne, il est utile de profiter de son trentième anniversaire pour établir une mise en perspective plus politique de l’impact et de l’avenir de ce programme.

Ce policy paper d’Yves Bertoncini, notre directeur, et Sofia Fernandes, chercheur senior à l’Institut Jacques Delors, a ainsi pour objectif de présenter un aperçu de l’évolution quantitative et qualitative du programme  Erasmus au cours des trois dernières décennies et de mettre en lumière le succès de l’ « esprit Erasmus », qui se traduit notamment par l’européanisation des cursus universitaires et le développement de la mobilité non académique, un axe clé pour diversifier le profil des bénéficiaires des programmes de mobilité de l’UE.

1. 3244 pionniers ont bénéficié d’une bourse Erasmus en 1997-1998 ; aujourd’hui presque 300 000 jeunes universitaires en profitent chaque année. Erasmus s’est considérablement élargi depuis 1987 et a ouvert la voie à la création d’autres programmes de mobilité destinés aux lycéens/collégiens, aux candidats en formation professionnelle, aux bénévoles etc. L’ensemble de ces programmes européens de mobilité ont été rassemblés en 2014 au sein d’un nouveau « Erasmus+ ».

2. Erasmus doit aussi être perçu et promu comme la composante d’un mouvement d’européanisation plus large des cursus académiques, qui se traduit par le développement des formations suivies intégralement dans un autre pays de l’UE plutôt qu’en « échange ». Actuellement, 10% des diplômés européens réalisent une partie de leur formation dans un autre État membre.

3. Des efforts supplémentaires sont nécessaires, car les États membres se sont donné pour objectif que 20 % des diplômés de l’enseignement supérieur effectuent une partie de leurs études à l’étranger à l’horizon 2020.

4. Il est également nécessaire de promouvoir des améliorations qualitatives, notamment en termes de public cible. Seulement 1% des apprentis européens (pour un objectif de 6% en 2020) réalisent un séjour à l’étranger au cours de leur formation.

5. Enfin, encourager la mobilité des jeunes en Europe doit également passer par un soutien accru à des expériences s’inscrivant hors du système éducatif formel, qui peuvent être davantage attractives pour leurs bénéficiaires potentiels, y compris parce qu’elles sont moins « engageantes » qu’un séjour d’étude dans un autre pays de l’UE.