Décryptage
 
Renforcer l’Europe de la Défense grâce à la PESCO : qui se met à table ? Et quel est le menu ?
Les capacités militaires des États européens pâtissent de vingt années de sous-investissement, de fragmentation et d’une vision nationale à courte vue. Alors que les précédentes tentatives visant à lancer une PESCO s’étaient heurtées à la question des critères déterminant les pays qui pouvaient y participer, un accord a désormais été trouvé : le moment est venu pour les Européens de prendre en main leur sécurité.
Décryptage
Les capacités militaires des États européens pâtissent de vingt années de sous-investissement, de fragmentation et d’une vision nationale à courte vue. Alors que les précédentes tentatives visant à lancer une PESCO s’étaient heurtées à la question des critères déterminant les pays qui pouvaient y participer, un accord a désormais été trouvé : le moment est venu pour les Européens de prendre en main leur sécurité.
Dans cette tribune, Elvire Fabry, chercheuse senior à l’Institut Jacques Delors, Nicole Koenig, chercheuse senior au Jacques Delors Institute – Berlin et Thomas Pellerin-Carlin, chercheur à l’Institut Jacques Delors, accueillent l’engagement du Conseil européen à lancer la PESCO comme une étape supplémentaire vers une coopération européenne en matière de défense permettant le maintien de capacités militaires efficaces.
L’enjeu de cet accord est d’assurer que des critères larges d’inclusion n’affecteront pas le niveau d’ambition de la PESCO. 
Alors que deux questions restent en suspens, qui se met à la table et quel est le menu, les auteurs proposent des lignes directrices, avec des critères et des engagements, pour une gouvernance de la PESCO permettant une mise en place progressive.
Ils nous rappellent également que si discuter des modalités et des structures est important, il est crucial de garder à l’esprit l’objectif politique de la PESCO. La PESCO permettra de renforcer la capacité de l’UE à assurer la sécurité des citoyens et ainsi de contribuer à démontrer la volonté de construire une « Europe qui protège« . Mais il ne s’agit pas d’une solution miracle et cela ne permettra pas d’aboutir de manière automatique à une définition commune des valeurs et des intérêts stratégiques européens, ni à la volonté d’agir collectivement pour les protéger. La réussite de la PESCO passe donc également par la poursuite du travail nécessaire pour élaborer une vision stratégique commune à tous les Européens.?