Rapport
L’impact des médias sur la campagne référendaire française de 2005
Cette étude très fouillée a le grand mérite de nous mettre en garde contre les lectures simplistes selon laquelle la quantité d’information soumise est le critère décisif pour apprécier l’impact des médias dans un domaine. Elle souligne aussi, par voie de conséquence, que l’effet de la communication politique est toujours aléatoire
Avant-propos
La question de la démocratisation de l’Union européenne est souvent abordée sous un angle abstrait : quelles sont les procédures qui peuvent permettre au citoyen de peser sur les choix qui sont arrêtés ou de contrôler l’action des responsables politiques au niveau européen ? Mais les procédures ne sont qu’un instrument et leur efficacité dépend largement du contexte dans lequel elles ont à intervenir. Ainsi, par exemple, l’absence d’un véritable espace public européen constitue-t-elle une entrave sérieuse à une démocratisation effective.
Notre Europe a entrepris une réflexion de longue haleine sur l’ensemble de ces questions. En posant la question de l’utilité d’une éventuelle politisation du système européen, elle s’est interrogée sur le rôle que les partis politiques ont à y jouer. Des réflexions sur la société civile européenne ont également été mises en chantier.
La présente étude aborde le rôle d’un autre acteur clef de l’espace public, les médias, dans les débats sur l’Europe. Rarement leur action aura-t-elle été aussi décriée que lors de la campagne référendaire française de 2005 sur le traité constitutionnel. Les opposants à ce texte se sont élevés, souvent de façon véhémente, contre la façon dont la presse abordait les questions. Et il semble que, dans leur ensemble, les principaux médias français ont adopté une ligne éditoriale favorable au oui, ce qui n’a pas empêché le rejet du projet de constitutionnel. Jacques Gerstlé, spécialiste reconnu du rôle des médias.
L’analyse nuancée qu’il nous livre dans les pages qui suivent est éclairante à plus d’un titre. Se concentrant sur l’information télévisée, il montre notamment que l’influence des médias doit être appréhendée de façon générale, car elle se fait souvent sentir de façon indirecte. L’insistance sur certains thèmes, tout comme les représentations des acteurs, peuvent contribuer à influencer la perception qu’ont certains électeurs des enjeux du débat. Ainsi, dans le cas du référendum, l’importance accordée dans l’information aux questions sociales, notamment autour de la fameuse « directive Bolkestein » et les images délégitimatrices de la construction européenne véhiculées par les informations « ordinaires » ont alimenté les craintes d’une partie de l’électorat.
Cette étude très fouillée a le grand mérite de nous mettre en garde contre les lectures simplistes selon laquelle la quantité d’information soumise est le critère décisif pour apprécier l’impact des médias dans un domaine. Elle souligne aussi, par voie de conséquence, que l’effet de la communication politique est toujours aléatoire. Voilà qui devrait intéresser les responsables politiques européens »¦
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