Policy Paper 132
Les partis politiques européens : tirer des enseignements de 2014, se préparer pour 2019
N. Peñalver et J. Priestley analysent les partis politiques européens en dressant le bilan de la campagne de 2014 et du processus des « Spitzenkandidaten » et en tirant les enseignements de ce premier exercice pan-européen dans la perspective de 2019.
N. Peñalver et J. Priestley analysent les partis politiques européens en dressant le bilan de la campagne de 2014 et du processus des « Spitzenkandidaten » et en tirant les enseignements de ce premier exercice pan-européen dans la perspective de 2019.
Chacun avait établi ses propres procédures pour la nomination de son candidat et avait essayé d’introduire un peu d’« Europe » dans les campagnes électorales du Parlement européen, qui s’étaient jusqu’à présent essentiellement limitées à thèmes nationaux.
Les élections européennes de 2014 étaient les premières pour lesquelles les partis politiques européens avaient désigné des candidats têtes de liste pour la présidence de la Commission européenne.
Malgré un début tardif, ils ont organisé des déplacements dans toute l’Europe pour leur candidat à la présidence, négocié les conditions des premiers débats télévisés entre eux, fait des déclarations de politique européenne et promu intensément leur programme et candidat par le biais des médias sociaux.
Le leadership parlementaire a tenu bon et garanti que le Conseil européen propose le candidat tête de liste le mieux placé pour recueillir le soutien de sa majorité parlementaire. Le pari sur la procédure des Spitzenkandidaten, soutenue depuis longtemps par l’Institut Jacques Delors, a payé.
Cependant, si la « parlementarisation » des nominations pour les postes les plus élevés au sein de l’UE a été fortement renforcée par la procédure retenue en 2014, les campagnes des partis politiques ont rarement dépassé le scepticisme des médias et l’indifférence des électeurs. Le déclin de la participation, constant depuis 1979, a certes été moindre mais la tendance ne s’est pas inversée pour autant. Les partis ont fait campagne en étant soumis à de sévères handicaps et obstacles (manque de ressources, poids des logiques nationales, délais…), inventoriés par ce Policy paper.
N. Peñalver et J. Priestley soulignent que la nouvelle méthode visant à élire le président de la Commission devrait devenir une caractéristique permanente du nouvel équilibre interinstitutionnel. Toutefois, si la promesse de lier la présidence de la Commission au résultat des élections est certes tenue, il reste beaucoup à changer dans la perspective de 2019. Ils indiquent qu’il est plus important que jamais que les partis évoluent :
– les partis devraient renforcer leur démocratie interne en impliquant les membres des partis et les militants dans les décisions majeures ;
– ils devraient développer leurs activités de campagne et élaborer tôt une stratégie visant à impliquer leurs partis nationaux respectifs dans une stratégie électorale européenne ;
– leurs budgets et ressources financières devraient être augmentés fortement mais conditionnés par des réformes démocratiques internes ;
– ils devraient développer leur capacité de proposition politique et recruter tôt les membres clés de leurs équipes de campagne ;
– Ils devraient chercher à s’assurer que les débats télévisés touchent une large audience, ce qui implique des négociations en amont avec les chaînes nationales ;
– plus important encore, ils devraient réformer le mode de sélection de leur candidat tête de liste, de préférence par l’organisation de primaires ouvertes, comme moyen de renforcer l’idée que c’est aux citoyens qu’appartient le processus des Spitzenkandidaten et de promouvoir un débat réel sur les choix européens ;
– enfin, ils devraient commencer dès maintenant la préparation des élections parlementaires de 2019.
Ce Policy paper, tiré du livre The Making of a European President, est également disponible en anglais et en allemand.
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